1. Origine des animaux et conversion


1.1. Origine des animaux
Les bovins bio naissent et sont élevés dans des exploitations biologiques. Il n’est possible
d’introduire des bovins non biologiques dans l’exploitation qu’à des fins de reproduction et
lorsque des bovins biologiques ne sont pas disponibles en nombre suffisant. Il n’est jamais
possible d’acheter en conventionnel un animal destiné directement à l’engraissement.
Usuellement, trois essais d’obtention d’animaux bio doivent être présentés à l’organisme
certificateur pour justifier de l’indisponibilité.
Lorsqu’un cheptel est constitué pour la première fois, les veaux non bio introduits sont élevés
en bio dès leur sevrage, et doivent être âgés de moins de 6 mois à leur entrée dans
l’exploitation.
Lors du renouvellement d’un cheptel, les animaux reproducteurs adultes non bio introduits
sont ensuite élevés en bio. Les femelles non bio doivent être nullipares et ne peuvent
représenter plus de 10% du cheptel bovin adulte (une seule/an si le cheptel contient 10
bovins ou moins). Ce pourcentage peut être porté à 40 %, dans les cas particuliers suivants :
extension importante de l’élevage (de l’ordre de 30%) ;
changement de race ;
nouvelle spécialisation du cheptel ;
lorsque certaines races sont menacées d’abandon. Auquel cas les animaux de ces
races ne doivent pas nécessairement être nullipares.
1.2. Conversion des animaux
Des bovins non biologiques introduits dans l’exploitation doivent être élevés en bio durant
12 mois, et, en tout état de cause, pendant les ¾ de leur vie pour que la viande puisse être
vendue en bio. Seule la conversion simultanée permet de s’affranchir de cette règle des ¾ de
vie (voir fiche « Cadre général de l’élevage »).1.3. Conversion des terres
Les pâturages, parcours ou aires d’exercices extérieurs doivent être conduits en bio. Ils sont
soumis à une période de conversion minimale de 2 ans avant pour une utilisation en tant
qu’alimentation bio. Ils peuvent être utilisés en cours de conversion à certaines conditions
(voir fiche « Cadre général de l’élevage »).
Les animaux et les surfaces peuvent être convertis de manière simultanée à certaines
conditions (voir fiche « Cadre général de l’élevage »).
2. Espaces en plein-air et conditions de logement
2.1. Espaces en plein-air
Les bovins ont un accès permanent à des pâturages pour brouter, chaque fois que les
conditions le permettent (sauf restrictions sanitaires).
Le nombre d’animaux d’élevage est limité en vue de réduire au minimum le surpâturage, le
tassement du sol, l’érosion ou la pollution causée par les animaux ou par l’épandage de
leurs effluents.
La densité de peuplement totale est telle qu’elle n’entraîne pas de dépassement de la limite
de 170 kg d’azote par an et par hectare de terres agricoles, soit par ha :
5 veaux à l’engrais
3,3 bovins mâles ou femelles de 1 an à moins de 2 ans
2 bovins mâles de 2 ans ou plus,
2,5 vaches allaitantes
2,5 génisses,
2 équins de plus de 6 mois
Si ces densités sont dépassées, les effluents surnuméraires doivent être exportés, dans les
conditions exposées dans la fiche « Cadre général de l’élevage ».
Les élevages doivent disposer d’aires d’exercices (en plus des pâturages), dont les surfaces
minimales sont les suivantes :

Poids vif minimal (kg)m²/tête
Bovins et équidés
reproducteurs et
d’engraissement
jusqu’à 1001.1
jusqu’à 2001.9
jusqu’à 3503
supérieur à 3503,7 avec un minimum de 0,75

m²/100 kg

Taureaux
pour la reproduction
30

 

Ces aires d’exercice peuvent être partiellement couvertes.
Lorsque les bovins ont accès aux pâturages pendant la période de pacage et que les installations
d’hivernage laissent aux animaux leur liberté de mouvement, il peut être dérogé à l’obligation de
donner accès à des espaces de plein air pendant les mois d’hiver.
La phase finale d’engraissement des bovins adultes destinés à la production de viande peut avoir
lieu à l’intérieur, pour autant que la période passée à l’intérieur n’excède pas un cinquième de
leur vie et, en tout état de cause, une période de trois mois.
Les animaux non biologiques peuvent utiliser des pâturages bio pendant une période limitée
chaque année, à condition qu’ils proviennent de systèmes extensifs, et que les animaux bio ne se
trouvent pas simultanément dans les pâturages concernés. Cette période ne doit pas dépasser 4
mois sur l’ensemble de l’exploitation.
Les animaux bio peuvent paître sur des terres domaniales ou communales à condition :
qu’au cours des trois dernières années au moins, ces terres n’aient pas été traitées avec
des produits non autorisés en bio,
que tout animal non bio utilisant les terres concernées provienne d’un système extensif,
que les produits obtenus à partir d’animaux biologiques alors que ceux-ci pâturaient sur
ces terres ne soient pas considérés comme issus de la production biologique, sauf s’il peut être
prouvé que ces animaux étaient séparés de manière appropriée des animaux non biologiques.

2.2. Bâtiments
Les surfaces minimales dans les bâtiments sont les suivantes :

Poids vif minimal (kg)m²/tête
Bovins et équidés
reproducteurs et
d’engraissement
jusqu’à 1001.5
jusqu’à 2002.5
jusqu’à 3504
supérieur à 3505 avec un minimum de 1

m²/100 kg

Taureaux
pour la reproduction
10

 

 

Les sols des bâtiments d’élevage sont lisses mais pas glissants. Au moins la moitié de la
surface intérieure minimale mentionnée ci-dessus est construite en matériau dur, c’est-à dire
qu’elle ne peut être constituée de caillebotis ou de grilles.
3. Pratiques d’élevage
Un choix de races appropriées contribue à améliorer la gestion des animaux, à prévenir
toute souffrance et, autant que possible, à éviter de devoir mutiler les animaux.
3.1. Gestion des animaux
L’attache ou l’isolement des bovins sont interdits, sauf :
quand cela concerne des animaux individuellement, pendant une durée limitée,
pour des raisons de sécurité, de bien-être ou vétérinaires ;
dans les exploitations de petite taille et s’il n’est pas possible de les garder en
groupes adaptés à leurs besoins comportementaux, à condition qu’ils aient accès au moins
deux fois par semaine à des pâturages pendant la saison de pacage et à des espaces de plein
air, lorsque l’accès à des pâturages n’est pas possible ;
Dans ce dernier cas, une demande de dérogation doit être transmise par le producteur à
l’INAO via son organisme certificateur. L’INAO estimera si l’élevage concerné répond au
cadre de la dérogation.
Le logement des veaux âgés de plus d’une semaine dans des boxes individuels est interdit.

3.2. Mutilations
En agriculture biologique, les mutilations ne sont pas systématiques et doivent être
autorisées par le CCF.
Les opérations autorisées sur les bovins sont les suivantes :
l’écornage,
la castration physique
Pour toute mutilation, la souffrance des animaux est réduite au minimum grâce à :
la réalisation des opérations à l’âge le plus approprié par du personnel qualifié,
une anesthésie et/ou une analgésie suffisante.
4. Alimentation
4.1. Généralités
L’alimentation des bovins bio doit être bio. Une partie des aliments peut néanmoins être en
conversion ou conventionnelle sous certaines conditions (voir fiche « Cadre général de
l’élevage » et point 4.3).
Les systèmes d’élevage doivent reposer sur une utilisation maximale des pâturages, selon la
disponibilité des pacages pendant les différentes périodes de l’année. Au moins 60 % de la
matière sèche composant la ration journalière des herbivores proviennent de fourrages
grossiers, frais, séchés ou ensilés.
Lorsque l’alimentation n’apporte pas assez de vitamines A, D et E, il est possible d’ajouter
des vitamines de synthèse A, D et E identiques aux vitamines naturelles, dans la ration des
bovins.
L’huile de foie de morue n’est pas utilisable comme aliment pour les bovins. Néanmoins,
pour son apport en vitamines, elle est autorisée en tant que traitement non allopathique (et
donc non compté dans le nombre de traitements maximal). Une ordonnance vétérinaire
n’est pas nécessaire.
4.2. Lien au sol
Au moins 60 % des aliments proviennent de l’unité de production elle-même ou, si cela
n’est pas possible, sont produits en coopération avec d’autres exploitations biologiques
principalement situées dans la même région, sauf pendant la période où annuellement les
animaux sont en transhumance.
La région est définie comme la région administrative, ou, à défaut le territoire national.
Les cas où il est considéré comme impossible de produire l’aliment sur l’exploitation
correspondent aux cas de surface insuffisante pour assurer l’alimentation des animaux
(SCOP et fourrages) et/ou de conditions pédoclimatiques de l’exploitation qui ne
permettent pas la culture de céréales/oléoprotéagineux pour nourrir les animaux.
4.3. Dispositions particulières à la transhumance
Au cours des périodes de transhumance, les animaux peuvent paître sur des terres non
biologiques lorsqu’ils sont menés à pied d’une zone de pâturage à une autre. La quantité
d’aliments non bio consommée, sous forme d’herbe et d’autres végétaux que broutent les
animaux, ne peut excéder 10 % (MS) de la ration alimentaire annuelle totale.
4.4. Alimentation des jeunes
Les veaux sont nourris au lait maternel, de préférence à d’autres laits naturels, pendant une
période minimale de 3 mois.
5. Traitements vétérinaires
La lutte contre les maladies en agriculture biologique passe d’abord par la mise en place de
mesures de prévention (voir fiche « Cadre général de l’élevage »).
En dehors des vaccinations, des traitements antiparasitaires et des plans d’éradication
obligatoires, le maximum de traitements à base de médicaments vétérinaires allopathiques
chimiques de synthèse ou d’antibiotiques en douze mois est de :
un traitement si leur cycle de vie productive est inférieur à un an,
trois traitements si leur cycle de vie productive est supérieur à un an.
Les bovins recevant plus de traitements qu’autorisé sont soumis à une nouvelle période de
conversion (voir point 1.2). Les documents attestant la survenue de ces circonstances sont
conservés pour l’organisme ou l’autorité de contrôle.
Le délai d’attente avant commercialisation dans le circuit biologique des animaux traités ou
de leurs produits correspond à un doublement du délai d’attente légal ou, s’il n’en existe pas,
à 48 heures minimum

Panier Produit supprimé Annuler
  • Votre panier est vide.
S'inscrire à notre newsletter

S'inscrire à notre newsletter

Vous désirez être tenu au courant de nos prochaines ventes directes de bœuf... n'oubliez pas de vous inscrire à notre liste de diffusion.

Inscription réussie!